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Actualité 21 juillet 2020

[POUR UNE SOCIOLGIE DE LA MODE]

Par Manon Renault.

« Sample and Mix » – La mode de tous les possibles
Mars 2020, le défilé Louis Vuitton par Nicolas Ghesquière clôt la fashion week, proposant des silhouettes articulant des époques hétéroclites. Les parkas accompagnent des jupes en tulle et les blousons en vinyle s’associent à des leggings aux lignes sportives – soit de multiples collages où s’unissent les contradictions, pour donner fruit à des silhouettes post-modernes échappant à toute datation. L’histoire linéaire est déconstruite : les couches de vêtements se superposent fusionnant les époques en un unique présent.
Plus que d’échapper au temps, les silhouettes échappent à l’identification. Des fragments de bikers rencontrent des parcelles d’alpinistes et danseuses : les persona stylistiques sont décomposées et aléatoirement recomposées dans des bricolages dessinant un sujet cubiste.
« Le « je » est une illusion » écrivait Nietzche. À l’ère ou nos identités se déclinent en de multiples avatars sur les réseaux et dans des activités plurielles, le vêtement permet de performer dans des cadres d’expériences contradictoires. Un fait incorporé par les créateurs de mode ? Herbert Blumer soulignait en 1969 dans Fashion : from Class Differenciation to collective selection l’ambivalence dans les propositions des créateurs de mode laissant place à de multiples lectures/appropriations.
De manière parallèle, Ted Polhemus décrit des pratiques vestimentaires ambivalentes propre aux bricolages subculturels. Dans Style Surfing, il érige les clubbers, passant le temps d’une chanson de codes gothiques à ceux du Cowboy, comme la caution d’une industrie de la mode devenue « un vaste supermarché des apparences » caractéristique d’un contexte post-moderne.
En 2020, la mélopée post-moderne décrivant des apparences mélangeant époques, territoires et panoplies classistes dans une joyeuse orgie, ne peut suffire à analyser la complexité des rapports de force et leur matérialisation dans le quotidien. Il s’agit de l’apparence – et non d’une description de l’expérience.
Face à l’absence de description de l’expérience du racisme, le débat de l’appropriation culturelle indique les limites de la post-modernité esthétique, prouvant que toutes les cultures ne peuvent se revêtir comme des costumes de soirée, puisque toutes les cultures ne se sont pas développées de manière équivalente. L’extasie post-modern et l’éclectisme du style ambivalent sont un privilège qui se heurte aux vécus discriminants. L’esthétisation de la mobilité sociale doit s’articuler à l’étude des rapports classistes, raciaux, et genrés.

Alors aux chercheurs de proposer une sociologie matérielle de l’ambivalence du sens dans les vêtements de mode : une sociologie matérialiste suspendant le vide post-moderne.


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