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Actualité 24 avril 2020

[POUR UNE SOCIOLOGIE DE LA MODE]

Par Manon Renault.

Début 2000, sur le plateau de l’émission, Vis ma vie, Audrey, jeune mère de famille, incarnant le trope de la classe moyenne, revient sur une folle semaine passée avec la Baronne Brandsetter incarnant l’imaginaire d’une jet-set déliée de la trivialité, ne percevant la vie qu’aux travers des lunettes de soleil griffées Chanel. La mise en scène caricaturale de TF1 rejoue une lutte des classes, cuvé nouveau millénaire, ou deux protagonistes figurent et reproduisent un ensemble d’idées reçues renforçant les a-priori de classes.

Dans de remarquables séquences, la baronne, chapeautée, vêtue de couture, les lèvres marquées de rouge, se perd dans sa garde robe pleine de dorure des plus ostentatoires, acceptant charitablement de relooker sa nouvelle acolyte, l’aidant à devenir « une grade dame de Monte-Carlo » réitérant au passage l’idée selon laquelle « l’habit fait le moine. »

Ce vieux proverbe résume la Théorie de la classe des loisirs, écrite par Thorstein Veblen en 1899. L’économiste américain y développe le concept de consommation ostentatoire qu’il considère caractéristique de la classe des loisirs, à l’abri du besoin matériel et de la contrainte du travail. Le chapitre 7, « L’habillement, expression de la culture pécuniaire »affirme que la fonction du vêtement est d’indiquer le pouvoir d’achat. À cette même époque, les théories de Georg Simmel indiquent que les changements vestimentaires reposent sur l’existence de hiérarchies sociales, où les classes supérieures donnent le change, se retrouvant imitées par les classes inférieures.

La sociologie se résumerait alors en une analyse esthétique des vêtements portés par les classes supérieures, indicateurs limpides des rapports de forces qui fragmentent l’espace social…

À l’heure ou Balenciaga fait ses propre Crocs, et ou des créateurs plébiscités tel que Pheobe Philo proposent un luxe matérialisant l’habitus culturel plutôt qu’économique, ce discours ne tient plus.

Dans son livre Fashion and Class, l’historienne Rachel Worth revient sur la naissance de la conscience de classe et illustre la manière dont celle-ci s’incarne à travers l’habillement. Une lecture nuancée qui invite à comprendre la démocratisation de la mode au XVIIIe siècle comme le miroir des écarts de classes, tout en devenant le moyen de déjouer la compréhension du concept de « classe ». Si au fil du temps l’interdépendance entre la classe et la mode s’élide visuellement -notamment sous l’impulsion du prêt-à-porter, l’auteur montre que l’accès au vêtement matériel reste le vecteur d’inégalités sociales, ce qui appel à un retour du concept de classe marxiste.

Cette discussion invite à pousser la réflexion, et penser comment la démocratisation de la mode image, accessible pour toutes personnes disposant d’internet ou d’un smartphone, permet de se lire et de s’inventer malgré une classe sociale. Bien avant ces technologies, les Mod ‘s ou les Néo-romantiques s’évadèrent dans des friperies réinventant une élégance que tout l’or du monde ne saurait acheter.


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